Ukraine/Russie : Quarante jours de Zelenskyy pour mettre Poutine à genoux.
L’attaque des cibles civiles russes par l’Ukraine a été assimilée à un crime de guerre par la Russie. Cette nouvelle posture de Moscou qui l’a vu redéfinir ses objectifs dans ce conflit contre son voisin ne sera pas sans conséquence. Certaines analystes avertis envisagent même déjà un renversement du régime par la Russie. Voire un effondrement imminent de l’économie ukrainienne.
Pendant quarante (40) jours (1er juillet au 9 août), Zelenskyy a lancé une campagne de drones contre la Russie. Les mesures offensives de la Russie ont été très violentes. Les mesures défensives stratégiques. Les conséquences politiques seront lourdes. Donald Trump un traitre-victime-potentiel.
Faux alibi
En lançant son essaim de drones sur la Russie pendant 40 jours, l’objectif officiel annoncé par Zelenskyy était de la contraindre à la table des négociations. Un faux alibi puisque la Russie est déjà présente à la table des négociations et a exposé ses revendications—l’Ukraine doit céder le contrôle du Donbass, considérée par Zelenskyy comme la ‘forteresse industrielle’ indispensable à l’Ukraine. Région qui comprend Donetsk et Louhansk, occupée en 2025 à environ 88 % par la Russie (estimations américaines).La liste des territoires revendiquées par Moscou inclue Kherson et Zaporijia. Au moment des négociations intenses, Poutine aurait accepté ‘un gel de la ligne de front dans ces deux dernières zones contrôlées en 2025 à 73 % par les Russes.’ Il était aussi prêt à restituer certaines portions des régions de Kharkiv, Soumy et Dnipropetrovsk, actuellement sous son contrôle.
Outre les questions territoriales, tout accord de sécurité doit ‘garantir la neutralité de l’Ukraine.’ Reconnaître par écrit, notamment par les Etats-Unis, ‘l’arrêt définitif de l’élargissement de l’Otan vers l’est.’ Interdire l’‘adhésion à des blocs militaires’ tels que l’OTAN. Empêcher l’Ukraine d’‘acquérir des armes nucléaires.’ Et ‘protéger les intérêts des russophones’ en Ukraine.
Essaim de drones ukrainiens
En fait, Kiev voulait obliger la Russie à accepter un compromis selon lequel l’Ukraine conserverait sa position actuelle ainsi que les territoires du Donbass. Il croyait y parvenir en inondant Moscou et les villes frontalières de l’Ukraine de drones ‘FP’ (Firepoint), dont une partie de production de cette entreprise ukrainienne serait assurée dans des installations sous-terraine. Pendant qu’une grande partie est transférée au Danemark, en Allemagne, en Pologne et en France, où sont assemblés les différents composants (le ministère russe de la Défense a rendu public les adresses de ces entreprises). Selon les media kiéviens, l’entreprise ‘Firepoint’ pourrait produire en octobre un drone avec les caractéristiques d’un missile balistique. Pourtant les difficultés de la Russie venait des avions-jouets ou des drones portatifs capables de voler à dix mètres du sol. Ce sont eux qui ont frappé un dépôt de pétrole ou infligé des dégâts considérables aux installations russes. Un tel changement de cap technologique pourrait être contre-performant. Les drones ukrainiens qui se comportent comme des missiles balistiques ou de croisière, s’exposent à la technologie défensive de la Russie qui dispose de l’un des meilleurs systèmes de défense aérienne, conçu précisément pour intercepter et détruire des missiles balistiques.
Victoire scénarisée
Pendant ces 40 jours, Les Ukrainiens ont affirmé que le cours de la guerre s’était inversé et qu’ils étaient en train de l’emporter. Le scenario le plus optimiste admet que 40 % des infrastructures pétrolières russes auraient été mises hors service. Et la Russie a dû acheter de l’essence dans les pays voisins pour pallier la pénurie. Il est aussi admis que les exportations de céréales russes ont subi des dommages importants. L’obligeant à modifier les itinéraires d’acheminement pour les éloigner de la mer Noire. Enfin, de nombreuses infrastructures civiles ont été touchées (immeubles d’habitation, un café à Moscou, une plage à Guelendjik). Mais également de nombreuses victimes civiles dans les provinces russes limitrophes de l’Ukraine—Koursk, Briansk et Belgorod. Voilà pour les résultats obtenus. Une grande réussite du point de vue de Zelensky.
Représailles russes
Les représailles russes sont à la fois offensives et défensives. Des généraux, des experts, et des spécialistes—les vrais—ont expliqué que sur le plan défensif, les drones volent à très basse altitude. Pour les intercepter, il faut d’abord les repérer. Ce qui nécessite une ligne de défense solide—avec des tours de détection espacées de 40 ou 50 kilomètres capables de capter le signal de leur vol. Une fois repérés, divers types d’intercepteurs (missiles, mitrailleuses de gros calibre, lasers, avions légers, et bien d’autres dispositifs) sont déployés. C’est précisément ce que l’armée russe a fait avec beaucoup de succès.
Offensivement, les Russes n’ont pas été tendre. Sur son site, le ministère russe de la Défense a listé quotidiennement les cibles touchées—Des sites industriels, tels que des centrales électriques et diverses usines qui produisent du matériel de guerre. Les infrastructures portuaires, presque entièrement détruites. Non seulement à Odessa, mais dans tous les ports du sud. Les navires qui osent pénétrer dans les eaux ukrainiennes sont détruits. Les barges qui remontent le Danube vers la Roumanie sont pilonnées. Les nœuds ferroviaires et les locomotives sont frappés et détruits systématiquement. Plus rien n’entre ni ne sort d’Ukraine. Ce qui bloque les exportations ainsi que les importations de matériel de guerre, de munitions, et d’autres composants de guerre. Un pont menant à la Roumanie semble être une cible complexe et n’a été que partiellement touché.
C’est une offensive massive contre les infrastructures de communication, la logistique et les chaînes d’approvisionnement en Ukraine. Les Russes mènent enfin une guerre sans retenue. Leur objectif est de priver l’Ukraine de toute munition en provenance de l’Union européenne.
Echec de l’offensive ukrainienne
Selon les statistiques issues de sources ukrainiennes, sur les 1 500 drones envoyés contre Moscou—fin juillet début août—, un seul a réussi à passer (et atteindre Moscou). 80 % ont été interceptés au niveau de la région de Moscou, et environ 15 % supplémentaires aux abords de la ville. En clair, les défenses russes fonctionnent efficacement. Mais cela ne concerne que les environs de Moscou. Afin de corriger cette défaillance, Moscou est en train de développer des tours de défense et des équipes chargées de protéger les installations pétrolières. l’autoroute de Crimée est déjà sous-protection.
Guerre de Trump et Musk
Cette violente agression ukrainienne a radicalisé l’opinion publique russe. Elle exige à la quasi-unanimité la fin rapidement de la guerre par une victoire russe. Fini les négociations. Fini les tentatives de trouver un compromis. En d’autres termes, fini le volet diplomatique notamment avec Trump. Pour eux, le conflit ukrainien ce n’est plus la guerre de Joe Biden. C’est maintenant celle de Donald Trump et Elon Musk. Ce sont eux qui fournissent le soutien satellitaire permettant aux Ukrainiens de cibler des objectifs russes. Ils leur fournissent également des armes par l’intermédiaire de l’Europe qui finance l’achat. Ils font donc partie prenante au conflit. La Turquie aussi.
Trahison turque
Le 9 août, elle a vendu 70 missiles ATACMS (américains) à l’Ukraine. Si les transactions se sont faites, c’est que les Américains l’ont cautionnées. Car, les Turcs n’ont pas le droit de vendre ces armes à qui que ce soit sans l’accord des Etats-Unis. Trump peut donc garder dans ses tiroirs intimes S. Witkoff et J. Kushner, ses missionnaires pour la paix (?).
Sanctions antirusses
En dehors de la fourniture des armes, du viol de la neutralité dans les négociations, l’Occident collectif a misé sur des sanctions anti-Russie. Vingt-et-un train de sanctions à l’encontre de la Russie depuis le 22 février 2022 au 26 juillet 2026.
Le ‘Premier train de sanctions à l’encontre de la Russie’ a eu lieu le 22 février 2022. Parmi les trois mesures adoptées, figurent des sanctions à l’encontre de 351 membres de la Douma d’Etat russe qui ont voté en faveur de la reconnaissance des zones des oblasts de Donetsk et de Louhansk. Le 25 février 2022 (Deuxième train de sanctions). Parmi les 5 sanctions adoptées, l’une vise Vladimir Poutine, Sergueï Lavrov, des députés de la Douma d’Etat russe et des membres du Conseil national de sécurité. 28 février-2 mars 2022 (Troisième train de sanctions), 3 des 9 sanctions sectorielles touchent la Biélorussie. Le 9 mars 2022, 7 sanctions dont 5 contre la Biélorussie. Le 15 mars (Quatrième train de sanctions). Parmi les 7 mesures adoptées figurent des sanctions contre 15 personnes et neuf entités, dont Roman Abramovitch et Guerman Khan. Le ‘Cinquième train de sanctions’ adopté le 8 avril comprend 11 mesures dont 2 contre la Biélorussie. Parmi elles, des sanctions à l’encontre de 217 personnes et 18 entités. Le 3 Juin, 13 sanctions constituent le ‘Sixième train de sanctions.’ Parmi elles 18 entités et 65 personnes russes sont concernées, et 2 sanctions contre de la Biélorussie. 21 juillet (Septième train de sanctions–mesures « de maintien et d’alignement »). Parmi les 7 mesures adoptées, 54 personnes et 10 entités sont touchées. Le 6 octobre le ‘Huitième train de sanction’ comprend 11 mesures, dont des sanctions contre 30 personnes et 7 entités. Le 16 décembre, le ‘Neuvième train de sanctions’ porte sur 9 sanctions dont 141 personnes et 49 entités visées.
25 février 2023 (Dixième train de sanctions) —Sur les 10 sanctions, 87 personnes et 34 entités, notamment des personnes et entités iraniennes impliquées dans la fabrication et la fourniture de drones sont indexées. Parmi les 12 mesures adoptées le 23 juin (Onzième train de sanctions) figurent, des sanctions contre 71 personnes, 33 entités, et 87 nouvelles entités liées à la base industrielle et de défense de la Russie. 20 juillet, nouvelles sanctions en raison du soutien militaire apporté par l’Iran à la Russie. 3 août, sanctions à l’encontre de la Biélorussie. Le 18 décembre (Douzième train de sanctions). 9 mesures au total. Dont 61 personnes et 86 entités concernées.
23 février 2024 (Treizième train de sanctions), 4 mesures dont des sanctions contre 106 personnes et 88 entités, y compris des personnes impliquées dans la fourniture d’armements par la Corée du Nord à la Russie. 24 juin (Quatorzième train de sanctions) —11 mesures dont des sanctions supplémentaires contre 69 personnes et 47 entités. 29 juin, 9 sanctions contre la Biélorussie. Le ‘Quinzième train de sanctions’ (16 décembre) a 6 mesures. 54 personnes et 30 entités visées.
24 février 2025 (Seizième train de sanctions).12 mesures adoptées. Parmi lesquelles des mesures contre 48 personnes et 35 entités, et 2 contre la Biélorussie. 20 mai (Dix-septième train de sanctions). 4 sanctions. Parmi les mesures adoptées figurent des sanctions contre 17 personnes et 58 entités, y compris Surgutneftegas (Compagnie pétrolière et gazière russe). 18 juillet (Dix-huitième train de sanctions). 9 mesures. Parmi elles, des sanctions contre 14 personnes et 41 entités. 23 octobre (Dix-neuvième train de sanctions). 10 sanctions. 69 personnes supplémentaires, y compris des fournisseurs de cryptomonnaies sont touchées, et 2 sanctions contre la Biélorussie.
23 avril 2026 (Vingtième train de sanctions). 11 sanctions. Parmi lesquelles, des mesures contre 120 personnes. 23 juillet (Vingt-et-unième train de sanctions). 9 sanctions dont 48 personnes et 170 entités concernées.
Tous ces paquets de mesures sont sans effets. Déclare le colonel Douglas Macgregor. ‘Toutes ces sanctions—que les gens à Washington affectionnent tant parce qu’elles leur donnent le sentiment d’agir de manière noble et morale—sont sans effet et n’ont eu que peu ou pas d’impact sur qui que ce soit. Tout le monde a appris à les contourner pour continuer à vivre, la Russie en tête.’
1,4 milliard volé
Mais les Occidentaux s’entêtent. le 5 août 2026, la Commission européenne a annoncé avoir reçu un versement de 1,4 milliard d’euros provenant des intérêts générés par 200 milliards des avoirs russes gelés détenus par l’Occident. Il s’agit du cinquième transfert de ce genre après une opération réalisée en mars. Dans le détail, 95 % de ce versement serviront à rembourser les prêts accordés à Kiev dans le cadre de l’initiative du G7. Les 5 % restants seront versés au Fonds européen pour la paix. Un instrument utilisé pour financer les besoins militaires ukrainiens. ‘Moscou qualifie ces opérations de l’UE de ‘vol’ et estime que ces décisions violent le droit international et portent atteinte au droit de propriété de la Russie.’ Certains spécialistes se demandent ce que Zelenskyy va faire de cette minable somme. En plus, il n’y a plus de missiles à acheter nulle part. Même les 16 rafales promis par Macron ne viennent toujours pas.
A restituer par la force
Somme insignifiante ou pas, ‘les autorités russes exigent leur restitution.’ Toute confiscation pourrait entraîner des ‘mesures de rétorsion contre des actifs étrangers présents en Russie.’ Les analystes estiment que l’UE devra restituer cette somme. Même par la force. Les Russes ont les moyens militaires et économiques de pression pour saisir, le moment venu, les avoirs européens en Russie. ‘Dans l’ensemble, plus de 2100 multinationales sont restées en Russie depuis 2022, selon la Kiev School of Economics, contre environ 1600 entreprises internationales qui ont quitté le marché ou réduit leurs activités,’ rapporte le ‘Financial Times’ (28 mai 2024). Sur 3783 firmes recensées, 2173 (57,4%) n’ont pas modifié leurs activités. 1223 (32,3%) ont déclaré fermer le rideau en Russie et seulement 387 (10,2%) ont quitté la Russie ou revendu une part de leurs activités dans le pays.
Régime terroriste à liquider
Lorsque l’Ukraine a commencé à frapper des cibles civiles—en l’admettant ouvertement, et non comme de simples dommages collatéraux, il a permis à Poutine de redéfinir les objectifs de cette guerre. Au regard du droit international, le président-colonel-juriste Poutine, considère ces actes comme un crime de guerre. Les auteurs de ces actes sont des terroristes. Et lorsqu’un Etat tue délibérément, le revendique ouvertement, il devient un Etat terroriste. Or, la Russie ne négocie pas avec un Etat terroriste. Elle le liquide. C’est donc le nouveau discours. Le fondement juridique de ce qui s’apparente à un changement de régime en Ukraine. Ainsi, le régime sera renversé. Comment. Quand. Par quels moyens. Difficile de le dire. Mais sur le plan militaire, l’Ukraine ne pourra pas résister longtemps à la violence de l’offensive russe. Tout va s’accélérer avec l’effondrement de l’économie ukrainienne en un mois ou deux.
Feumba Samen
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