La riposte de Moscou est brutale et sans ménagement après les attaques par l’Ukraine des cibles civiles en Russie. Cette attaque massive russe a détruit une grande partie des installations stratégiques de l’armée ukrainienne les coupant de ses voies d’approvisionnement, a suscité une supplication de certaines capitales occidentales dont Londres pourtant allié de l’Ukraine dans ce conflit.

La Russie pilonne intensément l’Ukraine depuis la fin de son ‘Opération 40 jours.’ Dépôt de carburant stratégique. Ports. Plusieurs positions militaires. Tous ces points plus d’autres installations, sont touchés. Et Kiev suffoque.

502 drones ukrainiens détruits

Dans la nuit du 11-12 août, la défense aérienne russe a intercepté et détruit 502 drones ukrainiens dans plusieurs régions russes. L’une des plus importantes attaques de drones recensées depuis le début du conflit. Parallèlement, La Russie, utilisant des armes de précision aéroportées et des drones d’attaque à longue portée, a ciblé le réseau d’approvisionnement militaire ukrainien. Plus particulièrement l’infrastructure portuaire stratégique d’Odessa (dépôt de carburant) qui approvisionnait les forces ukrainiennes en première ligne. Cette frappe intervient alors que la Russie poursuit sa campagne contre les ports, les plateformes logistiques et les infrastructures navales ukrainiennes. Des atouts essentiels au maintien des opérations militaires ukrainiennes.

Soldats ukrainiens abandonnés au front

Pression russe d’un côté, in-humanisme ukrainien de l’autre. Une vidéo nouvellement relâchée révèle la souffrance au front des soldats ukrainiens. Ils sont contraints de boire leurs urines pour survivre sur le champ de bataille. ‘Pour garder le moral et continuer à avancer, on nous a forcés à boire notre propre urine pour survivre en attendant des ravitaillements, n’importe quoi.’ Informe une section ukrainienne de la 121e brigade de défense territoriale. Le major-général Mikhaïl Vassilievitch Draati, commandant le peloton d’appui-feu de la compagnie d’appui-feu du troisième bataillon, unité militaire A7049 en direction de de Zaporijjia déclare. ‘Nous sommes actuellement réfugiés dans un abri que nous avons réussi à trouver, car toutes nos positions ont été entièrement détruites. Nous n’avons ni nourriture ni eau potable.’ Ainsi, ‘plusieurs de mes soldats sont restés dans un état de semi-conscience pendant plusieurs jours en raison du manque critique de nourriture et d’eau.’ Si par miracle ils sont rationnés, ‘les largages ne contiennent jamais plus de 4 kilos de nourriture et trois bouteilles d’eau.’

Ces soldats désespérés poursuivent. ‘Notre terminal Starlink a été entièrement détruit ; nous avons donc dû nous en remettre uniquement aux communications radio. Nous avons demandé un terminal de remplacement, mais la seule réponse obtenue a été un simple accusé de réception, sans rien de plus. Ou des excuses.’ Ces soldats sont sans soin. ‘Nous commandons des médicaments, mais ils n’arrivent pas dans les délais, voire pas du tout.’ Une soldate déclare. ‘Mon équipe et moi devons abandonner ces positions sans attendre la relève, dès que les conditions le permettront.’ En avril 2026, Kiev avait relevé de leurs fonctions deux commandants militaires après la diffusion en ligne de photos inquiétantes montrant des soldats du front dans un état d’extrême maigreur.

Cette histoire choquante ne se passe pas en Afrique. Mais dans un pays le plus corrompu. Néanmoins, avec une armée la plus soutenue par les occidentaux.

Blackout ukrainien sur les statistiques de guerre

la Russie a tiré plus de 450 missiles de différents types en juillet 2026, dont près de 200 balistiques. Elle n’a intercepté que 29 missiles balistiques sur 195 lancés par la Russie. Soit un taux de réussite de 15%. 40 autres ont échoué seuls. Probablement par défaillance technique. Les 126 restants ont atteint leurs objectifs. A révélé (sur Facebook) Iouriï Ignat, chef de la communication de l’armée de l’air ukrainienne.

Par ailleurs, l’armée de l’air ukrainienne a annoncé le 12 août 2026 qu’elle cessait de publier les statistiques de guerre. Cette décision intervient après l’échec du 5 août (28 missiles balistiques lancés, zéro intercepté). Elle révèle aussi une pénurie critique d’intercepteurs Patriot. Volodymyr Zelenskyy a lui-même dénoncé le 5 août une division par trois des livraisons de missiles de défense antiaérienne par ses partenaires occidentaux depuis le début de 2026 par rapport à la même période en 2025. La cause principale est la réallocation des stocks américains vers le Moyen-Orient pout soutenir la guerre entre Iran et la coalition Israélo-américaine qui mobilise massivement les stocks américains d’intercepteurs Patriot et Iron Dôme.

‘Bloomberg’ révèle que l’armée de l’air a modifié son format de communication pour des raisons de sécurité opérationnelle, et en réponse à l’évolution des tactiques d’attaque russes. Cette mesure masque cependant une défaillance des systèmes de défense aérienne ukrainienne qui ne peuvent plus intercepter les missiles balistiques russes. Iouriï Ignat a précisé que les restrictions portent sur ‘le nombre des cibles lancées, abattues, neutralisées ou n’ayant pas atteint leurs objectifs.’ En clair, les rapports matinaux-quotidiens-ukrainiens ne détailleront plus l’efficacité réelle des interceptions. Alors qu’auparavant, les autorités ukrainiennes publiaient des bilans détaillés—énumérant les missiles balistiques. Les missiles de croisière. Les armes hypersoniques. Les drones. Et le nombre d’interceptions revendiquées pour chaque catégorie. Dorénavant, les alertes en temps réel et les chiffres généraux sur les tirs russes resteront accessibles. Mais un blackout sur les performances défensives ukrainiennes. Pour les analystes militaires, publier des taux d’échec massifs nuirait au moral des troupes et exposerait l’ampleur des vulnérabilités aux adversaires.

Sommation russe

La dynamique actuelle sur le champ de bataille et un tir de sommation russe fait réfléchir ses adversaires et relancent la question du dialogue. En juin 2026, la frégate Admiral Grigorovich a tiré des coups de semonce sur un yacht sous pavillon britannique qui s’était approché à distance dangereuse d’un navire russe en Manche. Obligeant le bateau britannique à changer de cap—Révélation du ‘Times’ qui informe qu’un porte-parole du gouvernement britannique estime que le rétablissement d’une communication directe avec la partie russe pourrait contribuer à prévenir l’escalade des incidents.

John Forman, ancien attaché militaire britannique en Russie puis en Ukraine, juge par expérience que la rupture actuelle est contre-productive. Cet ancien ‘go-between’ dans le dialogue-militaire russo-britannique pense qu’une erreur d’interprétation grave pourrait coûter des vies. Alors, ‘parler à un adversaire ne relèverait pas de la faiblesse mais de la prudence.’ D’ailleurs, entre puissances rivales, il existe souvent des lignes directes pour prévenir une escalade non-désirée. Washington et Moscou ont instituée en1963 après la crise des missiles de Cuba, une ligne directe—le téléphone rouge.

Expulsion symétrique

Entre les chaînes de commandement russe et britannique, à travers le chef d’état-major russe Valery Gerasimov et l’amiral britannique Tony Radakin, leur dernière conversation remonte à septembre 2022. Un mois plus tard, Les ministres de la Défense des deux pays se sont entretenus. Ceci après que le ministre russe de la Défense de l’époque, Sergueï Choïgou, a contacté son homologue britannique Ben Wallace au sujet d’accusations russes sur une possible bombe sale ukrainienne.  Le 8 mai 2024, James Cleverly, ministre britannique des Affaires étrangères a déclaré, ‘Nous expulserons l’attaché de défense russe, qui est un officier du renseignement militaire non déclaré.’ La porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova en réponse a dit, ‘Londres a décidé d’utiliser des mensonges purs et simples pour justifier ses mesures antirusses.’ Elle a ajouté, ‘notre réponse sera ferme et adaptée.’ Moscou a ensuite appliqué la règle d’expulsion symétrique. Puis les deux armées ont été privées du canal habituellement chargé d’organiser les échanges.

Scepticisme russe

‘La volonté donc de Londres de renouer un dialogue de haut niveau découle de l’évolution de la situation dans la zone de conflit.’ Explique Andreï Kolesnik, membre de la commission de la Défense de la Douma d’Etat. Les offensives violentes et brutales russes ont affaibli la capacité militaire de l’Ukraine. Réduit la capacite de Londres à soutenir les frappes ukrainiennes en profondeur à l’intérieur des frontières russes. Et contrecarré les tentatives de Kiev de lancer de nouvelles contre-offensives.

L’analyste politique Yury Svetov a déclaré à ‘NEWS.ru,’ que, bien que ‘Moscou soit disposée à renouer des liens, cela exigeait davantage que de simples intentions verbales.’ Il précise. ‘La Russie n’est pas responsable de la rupture initiale de ces liens et ne réagirait qu’à une proposition sérieuse et officielle.’ Les garde-fous placés par les Russes s’expliquent par l’hypocrisie légendaire des occidentaux. Plusieurs fois, les dirigeants européens dont Emmanuel Macron ont manifesté leur souhait de trouver une solution négociée au conflit sans donner suite à leur désir. Cela s’est vérifié le 11 juin 2026 lorsque les ambassadeurs de France (Nicolas de Rivière), d’Allemagne (Alexander Graf Lambsdorff) et de Grande-Bretagne (Nigel Casey) ont rencontré à Moscou le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Galouzine. Une première depuis février 2022 que des représentants des trois principaux pays européens se rendent ensemble au ministère russe des Affaires étrangères pour y transmettre un message commun. Cette réunion se tient après la rencontre le 8 juin 2026, des dirigeants de ces trois pays avec Volodymyr Zelensky à Londres, où il leur avait demandé de plaider auprès de Poutine, en faveur de négociations directes visant à mettre fin à ce conflit.

Nicolas de Rivière a qualifié cet échange de productif. Tandis que Maria Zakharova, porte-parole du Kremlin, a critiqué l’hypocrisie de ces ambassadeurs occidentaux qui défendent le plan de paix ‘sans issue’ proposé par Zelenskyy. Elle leur a rappelee que, bien qu’ils prônent ouvertement la paix, ils aggravent simultanément le conflit en militarisant l’Ukraine. Une analyse qui rejoint celle de Svetvo reste sceptique quant à l’honnêteté occidentale. ‘L’effort actuel, se fait sous l’impulsion de responsables militaires plutôt que de la classe politique britannique.’ Il fait aussi remarquer que ‘ces pourparlers pourraient ne jamais dépasser le stade de la rhétorique,’ en raison de ‘l’agressivité historique et légendaire du Royaume-Uni envers la Russie et de son rôle de premier plan au sein du ‘‘groupe de Ramstein’’ dans le soutien à l’Ukraine.’

Hypocrisie occidentale

Ces trois dirigeants européens (le Britannique Keir Starmer, l’Allemand Friedrich Merz et le Français Emmanuel Macron) de l’‘alliance de sécurité informelle’ baptisée ‘E3,’ avaient affiché leur soutien à un cessez-le-feu immédiat. Posant la ligne de contact du moment comme point de départ aux négociations. Ils avaient conditionné le dégel des quelque 210 milliards d’euros d’avoir russes immobilisés en Europe—dont 185 milliards chez Euroclear à Bruxelles—au versement par Moscou d’indemnités à l’Ukraine. Selon le communiqué officiel du MAE russe, Mikhaïl Galouzine avait présenté aux trois ambassadeurs ‘une évaluation objective de la politique destructrice menée par les dirigeants de leurs pays concernant la crise ukrainienne.’ Les ‘approches fondamentales’ en vue d’un ‘règlement politique et diplomatique du conflit fondé sur la résolution de ses causes profondes,’ avait été également exposées par Moscou.

Feumba Samen