Cette nouvelle tournure témoigne de la volonté du commandement russe à vouloir aveugler les forces ukrainiennes. Perturber les réseaux de commandement. Et affaiblir les avantages technologiques ukrainiens dans une guerre qui se transforme progressivement en une guerre de données, de domination numérique, où la destruction d’un terminal satellitaire donne parfois des avantages militaires que celle d’un char d’assaut.

La Russie ne propagandise pas. Elle acte. Puis réagit. Sorti du réseau ‘Starlink’ de Musk depuis février 2026, elle accélère le déploiement d’un nouveau système de communication par satellite—le ‘Rassvet.’ C’est son nom.

Indépendance-communicationnelle

Le Ross Cosmos décrit ce projet comme une constellation capable d’assurer une couverture nationale. Objectif—292 satellites intégrés à ‘Rassvet’ doivent être mis en orbite dès 2027. Projection—924 appareils devraient être opérationnels à terme en 2035. La construction de ‘Rassvet,’ permet à la Russie d’établir des canaux de communication sécurisés. De transmettre des renseignements. D’optimiser la capacité de contrôle à distance des drones (UAV) sans dépendre des liaisons radio conventionnelles (télécommunications terrestres). Surtout s’assurer qu’aucun opérateur étranger ne puisse désactiver ses communications depuis l’étranger lors de futurs conflits. ‘Rassvet,’ donne à la Russie, un avantage militaire stratégique dans la guerre des drones qui l’oppose à l’Occident par l’Ukraine, en lui garantissant une indépendance-communicationnelle lors d’une probable guerre contre l’OTAN.

Réseau satellitaire LEO

Le ‘Rassvet,’ réseau satellitaire à haut débit en orbite terrestre basse (LEO), est développé par le bureau 1440. Une entreprise russe spécialisée dans les technologies spatiales. Le premier groupe opérationnel de 16 satellites ‘Rassvet’ a été placé en orbite le 23 mars 2026 à partir du cosmodrome de Plessetsk (un port spatial et un site d’essai de missiles russe situé à Mirny, dans l’oblast d’Arkhangelsk). Un deuxième lot a été mis en orbite le 19 juillet 2026 (le nombre de satellites embarqués n’avait pas été communiqué). Certains observateurs spatiaux ont estimé une salve de 16 autres satellites. La Russie aurait placé environ 38 satellites ‘Rassvet’ en orbite, y compris les prototypes lancés en 2023 et 2024. Ces satellites fonctionnent comme des stations de base 5G en orbite. Le Bureau 1440 vise des débits de données allant jusqu’à 1 Gbit/s. Une latence inférieure à 70 millisecondes. Des liaisons laser permettant aux satellites de communiquer directement entre eux. La sécurité de ce système orbital est telle qu’aucun gouvernement/ou entreprise étranger ne pourrait le désactiver.

Si ‘Rassvet’ atteint plusieurs centaines de satellites opérationnels, les forces russes ne dépendront plus du matériel ou de l’autorisation occidentaux pour ses communications de première ligne, ses drones à longue portée, ses opérations navales et ses déploiements isolés. Son usage civil permettra de fournir un accès internet haut débit à travers la Russie. Y compris dans les régions reculées où les réseaux mobiles et fibre optique classiques ne sont pas disponibles.

Campagne militaire perturbée

Les analystes ukrainiens estiment que les prototypes opérationnels survolent actuellement le territoire ukrainien deux ou trois fois par jour. Assurant probablement des liaisons d’une durée de 15 à 20 minutes. Cette performance est insuffisante pour une armée opérationnelle qui exige des liaisons de commandement ininterrompues. Néanmoins, ce système permet déjà des transferts de données programmés, la transmission de renseignements ou la communication avec des unités isolées, lors de passages orbitaux spécifiques.

En même temps que les Russes s’investissent dans leur programme militaire-spatial, ils détruisent le système de communication ukrainiens. Dans la nuit du 3 août 2026, le groupement de forces russe ‘Est,’ a détruit cinq stations de communication par satellite Starlink et 12 centres de contrôle de drones ukrainiens le long de la ligne de front. Le démantèlement de ces terminaux satellitaires va perturber la campagne militaire ukrainienne. Rendre inefficient les communications sur le champ de bataille. Ralentir la prise de décision. Compliquer la coordination militaire dans des secteurs critiques. Car ces terminaux permettaient de coordonner les opérations, de guider les drones en profondeur dans les territoires russes. Parallèlement, des unités russes de contre-batterie ciblent les positions des pièces d’artillerie ennemies immédiatement après l’ouverture du feu. Les détruisent afin qu’elles ne frappent pas à nouveau.

Guerre des données

La guerre des drones qui sont les yeux de chaque camp dans le ciel à changer la donne dans ce conflit. ‘La cible n’est plus seulement constituée de soldats, de chars ou de tranchées. La cible, c’est l’information. La cible, c’est la connectivité.’ La cible, c’est le système nerveux numérique qui permet à l’une ou l’autre armée, de communiquer et de frapper.

Cette nouvelle tournure témoigne de la volonté du commandement russe à vouloir aveugler les forces ukrainiennes. Perturber les réseaux de commandement. Et affaiblir les avantages technologiques ukrainiens dans une guerre qui se transforme progressivement en une guerre de données, de domination numérique, où la destruction d’un terminal satellitaire donne parfois des avantages militaires que celle d’un char d’assaut.

Front de paix

La nouvelle option-militaire russe accule l’Ukraine. Le nattage de son ciel dans toutes les régions avec les drones, les missiles balistiques et de croisière russes, l’aveuglement de ses soldats depuis le ciel par les ingénieurs-militaires russe, font que presque plus rien en Ukraine n’est hors de portée du pilonnage russe. L’intensité des frappes. Le blocus de la mer Noire. Le pourrissement de son stock de blé. La chute de ses exportations. La paralysie du ravitaillement militaire et civile. L’écroulement annoncé de son économie. Et bien d’autres difficultés, ont obligé Zelensky à ouvrir un autre front—la quête de la paix. Il supplie pour un autre round des négociations sous l’égide de Washington. La requête avait été faite en marge du sommet du G7 (15 au 17 juin 2026), à Evian-les-Bains, près de la frontière suisse. Une semaine avant, lors des consultations à Londres (8-15 juin 2026) au format ‘E3’ (alliance de sécurité informelle) comprenant le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, Volodymyr Zelenskyy avait demandé à ces derniers d’engager avec la Russie, des pourparlers pour de possibles négociations directes entre lui et Poutine. Ces derniers avaient commissionné à Moscou leurs ambassadeurs qui ont rencontré le 11 juin, le vice-ministre russe des Affaires étrangères Mikhaïl Galouzine.

Déterminé semble-t-il à explorer toutes les pistes diplomatiques, Zelensky tient à ce que les négociations se tiennent avant l’hiver. Une saison difficile pour les manœuvres militaires— Conditions difficiles sur le terrain. Températures glaciales. Tranchées sans chauffage. Défis dans le mouvement de la logistique. La combinaison de ces facteurs peut infléchir le cours de la guerre en défaveur des soldats ukrainiens. Zelenskyy le sait.

Scenario encore loin

L’éventualité de pourparlers directs entre le président Poutine et le président illégitime Zelenskyy (l’expression est de la propagande occidentale, excessivement développée lors de la crise ivoirienne contre Laurent Gbagbo) évoquée par Trump, serait le fruit de son imagination fertile dans des déclarations tapageuses. Ce scenario semble encore loin. ‘Vladimir Poutine et Donald Trump ont exprimé’ lors d’un entretien téléphonique, ‘leur soutien à la poursuite des négociations directes entre les délégations russe et ukrainienne.’ A déclaré Iouri Ouchakov, le conseiller du président russe, le 19 août 2026. Mais pas un dialogue direct entre Poutine et Zelenskyy. Ils ont également ‘convenu de rester en contact étroit sur la question ukrainienne et d’autres sujets urgents à l’ordre du jour international et bilatéral.’ A affirmé Ouchakov.

Le 26 juillet, interrogé sur un article du ‘Kyiv Independent’ publié le 24 juillet, indiquant que l’Ukraine et les Etats-Unis préparaient une nouvelle série de propositions de paix—incluant un cessez-le-feu aérien partiel—à présenter à Moscou, Dmitri Sergueïevitch Peskov, porte-parole du président russe, a été formelle. ‘Nous ne connaissons ni la crédibilité de ces informations ni leur provenance. Il s’agit d’informations de presse, rien de plus. Par conséquent, il est prématuré de les commenter à ce stade.’ Le gouvernement russe ‘avait entendu dire que de nouvelles formules pourraient être envisageables.’ Mais il ‘devait encore en savoir plus à leur sujet.’ Avait déclaré Peskov avant de conclure qu’‘avec le temps, certaines formules ou propositions seront probablement avancées. La suite dépendra de la mesure dans laquelle elles correspondent aux intérêts russes.’ Ouchakov avait aussi fait savoir que Moscou n’avait reçu aucune invitation officielle pour une rencontre au sommet. Peskov a également insisté sur l’absence actuelle de ‘canaux formels actifs pour un dialogue direct entre la Russie et l’Ukraine.’

Zelenskyy avait le même jour déclaré que l’Ukraine avait déjà transmis ses propositions de cessez-le-feu directement à la Russie. ‘Nous avons formulé toutes les propositions nécessaires à l’intention des dirigeants politiques russes pour mettre fin à la guerre par une paix honorable.’ Avant de déclarer que ‘tous [leurs] partenaires savent ce qu’il faut faire.’ Promettant dans la foulée de poursuivre des frappes en profondeur en Russie, en se concentrant sur une liste actualisée de cibles. Buts poursuivis, faire pression sur Moscou pour le ramener à la table des négociations.

Structure militaire russophobe

La paix recherchée par Zelenskyy s’obtiendra au bout du canon. En même temps qu’il promet le feu à Moscou, il pourrait (si d’ici là, vue l’évolution du front il n’est pas carotté) faire partie de l’armée regroupant les russophobes les plus féroces que les Britanniques selon certaines informations, cultivent l’idée de créer au sein de l’Union européenne. Cette folie qui serait encore au stade de la réflexion et de la discussion, serait orientée contre la Fédération de Russie. Car toutes les structures de sécurité bâties par les Européens sont dressées contre la Russie.

Opportunité africaine

Si cette alliance voit le jour, les Européens vont militariser l’Ukraine. Et peut-être passer le commandement à Zelenskyy, qui a déclaré à maintes reprises qu’il était prêt à prendre la tête des forces armées européennes. Ce scenario pourrait accélérer l’implosion de l’UE actuellement sous tension et divisée. Une opportunité. L’Afrique pourrait alors garder ses forces non plus pour combattre cette pieuvre, mais pour son développement.

Feumba Samen