Cameroun/Démocratisation du verbiage : Journalistes, experts et imbéciles-des-réseaux, ces cancres ont des militants.
Ces voix les plus extrêmes et les moins informées qui sont paradoxalement amplifiées, ont dompté les Camerounais-idiots.
Le Cameroun n’est pas dans une guerre militaire. Mais dans une vraie guerre économique. Les armes de cette guerre ce sont les réseaux sociaux. Alors, les Camerounais vivent dans un univers (interne et externe) où les idiots ont pris le pouvoir. Certains se demande comment ils en sont arrivés-là. C’est juste un sacré mélange d’imbécilité politique de l’opposition, et de bêtise institutionnelle. Alors, au Cameroun, ‘les réseaux sociaux ont donné le droit à la parole à des légions d’imbéciles qui avant ne parlaient qu’au bar et ne causaient aucun tort à la collectivité. On les faisait taire tout de suite. Aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel’ (Umberto Eco—1932-2016).
Démocratisation du verbiage
Cette illustre réflexion d’Umberto Eco faite lors d’une conférence de presse en 2015, à l’occasion de la remise d’un diplôme honoris causa par l’université de Turin, ‘exprime une critique acerbe de l’impact des réseaux sociaux sur le débat public.’ Au Cameroun, des imbéciles dans ‘la démocratisation du verbiage,’ où ‘la quantité de voix prime sur leur qualité ou leur pertinence,’ dictent le ton à d’autres imbéciles (journalistes, politiques, analystes). ‘Entraînant une détérioration du discours collectif.’ Que ce soit pour signaler leurs engagements, exprimer une colère, faire du prosélytisme, cette armée de cybercriminels-camerounais diffusent quasi quotidiennement des ‘deepfakes.’ Diffament les institutions. Et créent des divisions ethniques.
Leurs posts-mensongers représentent une assez faible proportion de la production écrite sur les réseaux. Néanmoins, ils sont promus par des algorithmes programmés pour générer de l’audience. Mettre en avant les contenus haineux capables d’attirer l’attention, de diviser profondément l’opinion, de déclencher des réponses virulentes et de susciter des commentaires, dont les plus viraux sont ceux qui ironisent sur la santé du chef d’Etat. La ‘contrerévolution’ portée par ‘la majorité des utilisateurs, plus modérée et moins péremptoire, est réticente à se lancer dans des discussions politiques qui récompensent rarement la bonne foi argumentative et qui dégénèrent souvent en « shitstorms » (déchaînements de haine).’ Ecrit Antoine Marie, chercheur post-doctorant (ENS).
Idéologues du populisme
Les imbéciles-camerounais-des-réseaux-sociaux s’alignent sur l’axe de la pensée des créateurs de ces plateformes. Le journaliste canadien Alain Saulnier, expert média et auteur de ‘Tenir tête aux géants du web, une exigence démocratique,’ explique. ‘Elon Musk contrôle totalement son réseau ‘X’ pas pour autre chose que pour encourager les propos racistes, sexistes, homophobes.’ En plus de ‘faire l’apologie du parti d’extrême droite allemand, l’AfD (Alternative pour l’Allemagne), il a été un des principaux soutiens de Javier Milei en Argentine.’ Et lorsque ‘Jair Bolsonaro s’est fait battre lors de la présidentielle, il a voulu le soutenir lorsqu’il y a eu cette tentative de coup d’Etat.’
Saulnier expose également deux ‘think tank’ américains qui font l’apologie de l’extrême droite dans le monde. ‘Le ‘réseau Atlas, présent dans à peu près tous les pays…organise chaque année des réunions pour essayer de voir comment il pourrait faire avancer les idées de l’extrême droite à l’intérieur de chacun de ces pays-là.’ Puis, ‘Heritage Foundation’ lié à des groupes de droite qui veulent réduire la taille de l’Etat et mettre fin aux services publics gratuits en matière d’éducation, en matière de santé.’ Ces ‘think tank’ comme Jeff Bezos, Mark Zuckerberg, Elon Musk, Apple, soutiennent une idéologie libertarienne, qui se résume à ‘moins il y a d’Etat, mieux c’est. Moins il y a de réglementations, mieux c’est.’ Poursuit Saulnier. Sur ce fondement, certains partis à tendance populiste, notamment le MRC, s’est appuyé sur des imbéciles pour s’emparer des réseaux sociaux pour diffuser leurs idées politiques et non une idéologie politique. Ce parti et d’autres, ainsi que des individualités, sont devenus un outil d’expansion de l’idéologie d’extrême droite-ethno-tribaliste au Cameroun.
Curiosité éteinte
Ces voix les plus extrêmes et les moins informées qui sont paradoxalement amplifiées, ont dompté les Camerounais-idiots. Ces derniers se contentent d’accéder à Facebook, consulter ce que ces imbéciles leur offrent. Ouvrir ‘X,’ glisser le doigt sur l’écran pour faire défiler des centaines de messages sans intérêt. Visualiser des centaines de photos généralement sans légende sur ‘Instagram.’
La lecture des contenus longs devient pour eux une pénitence. Ce handicap est accentué par leur incapacite de ‘chercher à comprendre comment fonctionne un site web. Comment l’utiliser, et y trouver une information sérieuse.’ Sevré de tout esprit de curiosité, ils oublient que internet a du meilleur à offrir. Ainsi, ils ne fréquentent aucun site spécialisé. Aucun service de curation. Aucune source d’information fiable. Simplement parce qu’ils sont incapables de ‘fouiller le web à la recherche d’une information pertinente.’ De ‘s’abonner à des flux RSS.’ De ‘créer des alertes web, personnalisées.’ Ou d’‘apprendre à manier les opérateurs de recherche avancés.’ Ce que ces journalistes, analystes, et certains Camerounais manquent sur internet et dans les livres, se lit dans leur lecture de l’actualité.
Injures contre idées
Au cours des débats, les injures volent plus vite et plus haut que les idées. Les yeux rougissent. Les cranes nus transpirent. Le col déjà jauni de la chemise insérée dans leur veste, noirci de sueur. Les promesses de bastonnade ou de faire sauter le cerveau du contradicteur remplacent un argumentaire raisonné.
Bien que creux en dialectique, certains s’exercent à l’écriture. Pas des essais philosophiques. Pas des analyses géopolitiques ou stratégiques qui désintègrent l’analyse classique. Pas de modélisation mathématique ou économétrique des questions économiques. Pas sur l’ancestralité, l’anthropologie et la sociologie, avancées. Pas sur la critique de l’agro-pastorale occidentale-tueuse. Pas une œuvre documentée sur les batailles de souveraineté du Continent et les repères économiques. Rien de scientifique. Non. Tout ça, c’est compliqué quand on ne lit pas assez.
Ils se donnent plutôt à des ‘autobiographies ou des mémoires où la substance rivalise avec la littérature pour enfant ou de gare.’ Des textes creux qui n’éclairent pas sur leur vision du monde. Mais des pamphlets dignes des discours des plus grands alcooliques qui se parlent à eux-mêmes croyant s’adresser à une audience.
Deuil des anciens
Le Cameroun peut faire le deuil de ses intellectuels et intelligence politique—Fabien Eboussi Boulaga (1934-2018), Marcien Towa (1931-2014), Engelbert Mveng (1930-1995), Joseph Tchundjang Pouemi (13 novembre 1937-27 décembre 1984), Georges Walter Ngango (1932-1998), Félix-Roland Moumié (1er November 1925–3 November 1960), Vincent Efon (28 août 1927-4 novembre 2003), Ferdinand Léopold Oyono (14 Septembre 1929–10 Juin 2010), Castor Osendé Afana (1930–15 March 1966), Daniel Kemajou (11 octobre 1921-14 janvier 1984), Ruben Um Nyobè (1913–13 September 1958), Alexandre Biyidi Awala (30 juin 1932-7 octobre 2001), Ndeh Ntumazah (1926-21 January 2010), Ernest Nicolas Ouandié (1924–15 January 1971), Henri Sosso (décédé le 15 avril 2026), Abel Kingué (1924–16 April 1964), René Jacques N’gouo Woungly-Massaga (26 janvier 1936-17 octobre 2020), Michel Ndoh (décédé le 30 juillet 1998), Abdoulaye Nicanor Njiawouo (1929‑19 décembre 2023), y compris Jacques Ngom, Charles Assalé, Ebenezer Njoh-Mouelle (17 septembre 1938), ….
Il y a 50 ans et plus, si des débats actuels se tenaient, ces intellectuels, intelligences politiques et autres, allaient tenir des débats enflammés, mais intelligents. Ils savaient citer les grands auteurs. Ils discutaient de philosophie, de sciences, et d’idées. Les mots avaient du poids. Les idées prenaient vie. C’était du sérieux quand on les entendait parler. Leurs phrases étaient une symphonie des mots. Ces intelligences du temple de savoir, de terrain, et de la politique, lisaient les grands ouvrages, rédigeaient des essais de fond et croyaient en leur mission.
Facebook, radicalisation du discours
Les Camerounais nouveaux défendent leur image sur les réseaux sociaux et leurs références personnelles sur les plateaux-télé ou les antennes. Mais leur réflexion ne confirme pas leur bibliographie. Les Camerounais qui n’ont pas accès aux media traditionnels ont les marchés, les bouis-bouis, où ils bruissent pour étaler leur ignorance. Les élites, sur les groupes-du-village fanfaronnent pour couvrir leur inaptitude à aider au développement de leur contrée.
Tous contribuent à la casse de l’Afrique avec Facebook, instrument de communication et de radicalisation du discours, toujours utilisé pour lancer quasiment tous les appels à la violence contre les non-élus des impérialistes. Cette plate-forme a été complice de la défiguration de la Côte d’Ivoire sous le président Gbagbo, son renversement et le génocide We. A Madagascar, elle a contribué à travers la ‘Génération Z’ (fin septembre à mi-octobre 2025), à la chute et à l’exil du président Rajoelina. Lors du génocide des Rohingyas à Myanmar (commencé en octobre 2016), Facebook été à l’avant-poste.
Cette machine à magnétiser les consciences, tout comme ‘X,’ est utilisée par des imbéciles-camerounais recrutés par la France, pour capturer l’attention des citoyens afin de les associer dans les projets de déstabilisation de leur pays. Des journalistes, nullité pathologique, continuent à se nourrir aux sources des idiots-des-réseaux-sociaux qui disent faire circuler l’information. Mais dans les faits, la désinformation et la manipulation prennent le dessus. De ce lot de cancres, les journalistes de la ‘CRTV,’ professionnels et cultivés, sont exclus. Ainsi que ceux d’‘Afrique Media,’ et auxiliairement ceux de ‘Panafricain media’ et ‘For You Media’ issus de la côte d’‘Afrique Media.’
Echapper au vandalisme international
Dans ce paysage, les algorithmes des imbéciles-influenceurs-camerounais sont manipulés pour favoriser la polarisation des opinions et la diffusion de fausses informations sur leur pays. Cela avait été le cas pour ‘dénigrer les relations de coopération entre la Confédération (AES).’ Dans ce scenario, des mammouths politiques vides comme Maurice Kamto ou Issa Tchiroma, ou les politiciens-exhibitionnistes comme Cabral Libii Li Ngué, exposant des versions caricaturales et agressives des positions politiques adverses, ont contribué à augmenter l’hostilité et la radicalité politiques. Le but, reconstruire l’image de la France sur un continent où sa réputation n’a jamais été aussi dégradée. Mais surtout créer des fissures par lesquelles, elle pourrait s’infiltrer pour faire main-basse sur les ressources camerounaises.
Malgré les efforts de ces commandos, Paul Biya a évité au Cameroun le vandalisme international et criminel. Les groupes terroristes et rebelles ont été stoppés. Au moins cinq tentatives de coups tués. La France, sans être chassée du Cameroun comme de l’AES (et relayée par la Russie et la Chine), a subi dans ce pays une série de revers diplomatiques, politiques et économiques. Sans armes ni rupture diplomatique, et sans précédent en Afrique francophone.
Nivellement par le bas
Pourtant, la médiocrité est célébrée dans les lieux de moindre intelligence. Le nivellement par le bas encouragé à coup de millions par des ministres-incompétents qui soudoient les débiles-des-réseaux-sociaux et journalistes-ganaches pour leurs intérêts égoïstes. Un gang qui, selon Antoine Marie, ‘opèrent moins comme le miroir que comme le prisme déformant de la diversité des opinions dans la société.’
Rempart à la désinformation
Néanmoins, la lumière des esprits critiques est attendue. Les moins corrompus, doivent continuer à mieux effectuer leur travail, en attendant que les autres fassent leur examen de conscience, si cela arrive un jour. ‘Ils doivent se recentrer davantage sur l’enquête journalistique, la mise en perspective des choses, mieux les expliquer et les raconter.’ Alors, ‘ils seront capable d’aller récupérer une audience plus importante, notamment les moins de 35 ans.’ Conseille Alain Saulnier qui poursuit. ‘L’éducation aux médias est également une solution : aller le plus possible à la source pour être capable de former des jeunes qui deviendront de meilleurs citoyens.’ Revenir à ces élémentaires du journalisme, déconnectera ceux qui croient que ‘la liberté d’expression, c’est la liberté de mentir, de propager des propos mensongers.’
Feumba Samen
*Les opinions exprimées dans les articles publiés sur le site mibiamaafrica n’engagent que le ou les auteurs.
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